jeudi 27 février 2014

Ouessantines de Weber - Nicoby



Très jolie bande dessinée lue au coin du feu en vacances en Bretagne, pas sur l’île de Ouessant mais sur une petite « île » perdue au milieu des bois.

Ouessantines raconte l’histoire de Soizic qui décide de quitter sa vie sur le continent afin de tout reconstruire et se reconstruire. Soizic ouvre une maison d’hôtes à Ouessant, le rêve de Soizic. Outre les débuts assez difficiles d’une telle activité, les quelques clients, parfois peu sympathiques, Soizic devra faire face à l’accueil glacial de la population locale. Tout le monde la déteste, l’ignore, du tenancier du bar et club des vieilles filles appelées « les corneilles ». Mais Soizic tiendra bon, grâce à la bienveillance pudique de la vieille Marie, membre du club des corneilles et d’Erwan, l’instituteur. Puis survint le « suicide » de Marie qui chamboule l’île et qui plonge Soizic dans les vieilles histoires enfouies de Ouessant.


Ouessantines de Weber - Nicoby Ed. Vents d'Ouest

Ouessantines est une très belle bande dessinée qui se lit d’une traite et nous plonge dans la vie et l’histoire d’Ouessant. L’ambiance décrite est très agréable, visuelle. On chemine avec Marie.

 Cette bande dessinée me donne encore plus envie d’aller passer quelques jours sur cette île ! Dans ma nouvelle vie bretonne, j’arriverais bien à aller découvrir ce monde du bout du monde !

lundi 24 février 2014

La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Quelques temps que ce livre, je l'avais repéré en librairie. La faute à un nom islandais, la faute à la couverture ultra-épurée, design néo-vintage (j'y suis très sensible...), la faute au thème.
Bref, la semaine dernière, j'ai craqué :-)


La Lettre à Helga est la lettre d'un vieux monsieur, qui à l'aube de sa mort (ou nouvelle vie, vous choisissez), répond (très très tardivement) à Helga. Helga est le seul amour que Bjarni Gislason a vécu. Et tout au long de cette lettre, Bjarni va raconter son amour pour Helga, lui expliquer au combien il l'aimait, certains de ces agissements, la vie telle qu'il la voyait et il la concevait. Bjarni est un éleveur de brebis, et contrôleur des fourrages (j'adore!). Bjarni est passionné par ce qu'il fait, il croit dur comme fer à la vie en communion avec la nature et certaines pages ou phrases de cette lettre sont absolument magnifiques.
La lettre à Helga est un témoignage bien intéressant sur les conditions de vie de ce pays (dans les années 50 je suppose) qui m'a donné envie d'en savoir un peu plus.

Ce que j'ai particulièrement aimé dans ce roman, outre l'histoire tragique de Bjarni et Helga, c'est la description de l'attachement de Bjarni aux valeurs terrestres. Bjarni est un éleveur viscéral comme le montre cette citation:

"Ce qui me maintenait debout, c'était les bêtes et je peux affirmer, ma Belle, que celui qui s'est lié aux moutons islandais d'amitié intime, qu'elle qu'en soit la nature, ne sera jamais seul. Par son rayonnement, la vitalité des animaux soulage la douleur et rend l'homme capable de survivre à n'importe quelle épreuve "

ou encore quand Bjarni cite un quatrain de Sigurdur Breidfjörd

"La terre où l'on a vu le jour
n'est-elle pas chère à notre coeur?
Où la lumière est pleine de vie,
où le petit devient grand."

La Lettre à Helga est un beau livre, avec lequel j'ai passé de bons moments, qui m'a appris des choses et qui m'a bien fait réfléchir sur ma propre vie également.

Et puis, la bricolouilleuse que je suis a également particulièrement appréciée la petite phrase:
"Or quelle est la différence entre un objet fabriqué maison et un autre qui sort de l'usine? Le premier a une âme et l'autre non"





dimanche 23 février 2014

New life

Et oui, voilà près de trois mois que j'ai déserté ce blog... et que de choses se sont passées en 3 mois.
Un changement de vie presque radical...

Je suis passé des paysages montagneux et enneigés
Lac du Guéry 

Lac du Guéry

à des paysages de terres plus à l'ouest...

Saint-Martin Plage

Vu de la pointe du Roselier
Et oui, mi-décembre, j'ai passé un concours, sur un poste ultra-rare, dans une super équipe, sur un profil qui me faisait rêver et qui correspondait bien avec mon profil...
Bref, j'y suis allée dans l'objectif d'être la plus exigeante avec moi-même, de faire le meilleur concours possible, d'être tout simplement contente de moi-même.... et je suis repartie avec le poste :-) le 12 décembre 15h30, ma vie a changé. Je crois que je me souviendrais toute ma vie de ce moment-là.

Et puis, ce poste signifiait également de quitter mon cocon clermontois, mon Yod', mon appart chéri, mes amis adorés, la ville et la région qui m'ont accueillie pendant 5 ans et que j'aime particulièrement... 

Voilà tout ça pour dire que pendant ces 3 mois de silence, j'ai beaucoup travaillé et j'ai eu beaucoup à gérer (et me remettre de ces émotions). Je n'avais donc pas vraiment l'énergie de traîner ici... et de poster quoique ce soit.

Mais pendant ces 3 mois, je n'ai pourtant pas arrêté de lire, j'ai très peu tricoté et encore moins cousu.... (sauf pendant Noël!).
Je vais donc essayer de rattraper mon retard et vous présenter quelques éléments de ma nouvelle vie :-)
Qui a de très nombreux avantages :

Denrées typiques locales... :-)



J'aime quand les nuages se reflètent sur le sable mouillé

à bientôt





lundi 25 novembre 2013

mais où suis-je passée???

Le temps file en ce moment...

                  ... et ça me stresse ...........

                             ..... parce que j'ai de gros challenges professionnels à remporter.......

                                      ..... un concours

                                            ....... des articles scientifiques à écrire

                                                    ...... un contrat qui se finit (et qui doit se finir en beauté)

                                                              ..... gérer l'inconnu et l'incertitude

                                                                     ..... pfiou dur dur

Ces dernières semaines, je me suis pas mal déplacée pour le boulot

Un petit tour en Bretagne (l'occasion également de me faire choyer par ma tante avec une balade au bord de la mer et de goûter au produit local et de saison... la noix de saint-Jacques!! miam)

Miam un pur bonheur

Un autre tour à Paris (mais j'ai oublié de prendre en photo LE buffet de la mort avec tous les fromages AOP de France.... un vrai paradis pour l'amatrice de fromage que je suis
boulot - train - dodo ...

En parlant de fromage, j'ai prévu de parler ici d'une petite visite de ferme produisant du saint-nectaire... hummmm - à venir très bientôt, mais en attendant, quelques photos de mon objet d'étude préféré et de son fruit le plus noble ;-)

Jolie monbéliarde en plein repas (dommage que vous puissiez pas sentir cette bonne odeur) et saint-nectaire en attente de consommateurs....

Et sinon entre les heures de travail... pas de couture (on verra ça plus tard.. à ma grande frustration), un peu de tricot, trop peu de lecture à mon goût, quelques balades en pleine nature




 Et surtout, le retour de la neige pour notre plus grand bonheur!!!!


content!

paysage enneigé au pied du Puy-de-Dôme

qu'est-ce que j'aime l'hiver et la neige!


mardi 5 novembre 2013

le bonnet de l'année

J'aime bien avoir un bonnet tout neuf pour démarrer l'hiver!
Et puis tricoter un bonnet, c'est rapide, c'est tout de suite gratifiant...

Je me suis donc mise en quête d'un petit pattern bien sympathique, j'ai donc fouillé parmi la multitude de trucs sympas que je collectionne avec envie sur mon pinterest...
Et hop! Pup Tent de Catherine Gamroth (lien vers le patron ici ) m'a retapé dans l'oeil! Un petit tour dans mon stock de pelotes, et là, Ô Joie, des pelotes Debbie Bliss, restes de mon practical procastination pullover tricoté il y a 2 ou 3 ans...

luminosité typique fin de journée automnale par temps gris...

Le patron est vraiment très simple à suivre, on mémorise facilement les motifs, quelques soirées et quelques heures de voiture, et hop un bonnet pour réchauffer les oreilles!
Quelques modifications: j'ai juste enlevé l'équivalent d'un motif, soit 8 mailles en moins (je tricote décidément bien laaaache) et je n'ai fait que 2 répétitions du "diagramme de corps" au lieu de 3 pour avoir un bonnet ajusté au lieu d'un bonnet slouch... Il me va parfaitement.
J'aime le côté assez rustique de ce bonnet, renforcé par le tweed de la laine utilisée (par contre on perd un peu de visibilité du motif).

J'ai donc étrenné mon bonnet ce week-end, sur la chaîne des Puys et notamment au sommet du Puy Pariou. Crash test: il est bien resté fixé à ma tête, malgré le vent à décorner les bœufs!


où c'est qu'on est???

Quelque part entre le Puy-de-Dôme et....


un flanc du Pariou ou du Grand Suchet...

mardi 29 octobre 2013

Le retour des polars avec Les Cendres Froides

Les Cendres froides de Valentin Musso, je l'avais offert à mon père à l'occasion de Noël dernier. Je l'avais choisi sur les conseils du libraire à lunette et houppette, le Sieur Gérard Collard. Et je dois dire de la part de mon père et de moi-même : un sans faute!

L'histoire: Aurélien, prof en prépa littéraire, divorcé et père d'un enfant, semble s'être laissé porté par les événements tout au long de sa vie. Cependant, à la suite du décès de son grand-père adoré, il devra faire face à certaines découvertes, se confronter à l'histoire de sa famille et découvrir sa propre identité.

Je n'ose pas trop développer plus l'histoire, de peur de révéler certaines éléments de l'intrigue (c'est la raison pour laquelle j'ai enlevé certains mots des citations que j'ai extraites...).

J'ai été entièrement happée par ce livre. Dès les premières pages, avec seulement quelques lignes, je me suis attachée à Aurélien, confronté à la mort de son grand-père, véritable pilier pour Aurélien.

"Mon grand-père était en soins intensifs. Le revoir sur ce lit d’hôpital, perfusion au bras, tuyaux pleins la bouche et le nez, me fut douloureux. Malgré son âge et la conscience que nous avions qu'il finirait bien un jour par partir, nous n'envisagions pas la vie sans lui."

Grâce à ces quelques mots, je me suis ainsi de suite identifiée à Aurélien, puisque j'ai exactement ressenti cette même douleur et des sentiments similaires lors de la mort de mon propre grand-père (adoré également).
Et cette identification a été d'autant plus efficace qu'il m'a permis de me poser un tas de questions, de comprendre le désarroi d'Aurélien face à certaines découvertes... Que doit-on penser de cet homme qu'on croyait connaître? Comment fait-on pour continuer à respecter son image et continuer aimer ce grand-père aujourd'hui disparu?  Comment juger (ou ne pas juger) des situations qui ont eu lieu lors d'une époque bien trouble?

[...] La seconde concernait les lebensborn. Je ne saurais dire précisément pourquoi, mais dès l'instant où je vis le mot apparaître sur l'écran, je sus que je pénétrais un monde qui allait me happer et changer le destin de ma famille, un monde au seuil duquel il ne m'étais déjà plus possible de rester.

Ainsi, en visionnant un film marquant la présence de son grand-père aux côtés d'un haut dignitaire SS, Aurélien va découvrir une frange méconnue de la Seconde Guerre Mondiale et de l'histoire de France : les Lebensborn ou maternités ayant pour objectif de produire et de fournir de bons petits aryens pour créer LA race suprême. Aurélien ne peut plus faire machine arrière et doit percer le mystère du passé de son grand-père. Au fur et à mesure des fouilles entreprises, Aurélien reçoit des menaces, un meurtre est commis, et l'histoire s'emballe.

Cette quête est ainsi l'occasion pour Valentin Musso de développer le thème du secret familial avec de très jolies phrases :

Durant de longues minutes, nous nous réfugiâmes dans le silence, assis face à face autour de la table. Les masques tombaient. Nos vies.... Pauvres comédies de paravent! Tous les stratagèmes de protection que j'avais mis en place au fil des années s'écroulaient aussi, dérisoires. La vie, la vraie, me rattrapait. 

             et d'exposer les terribles effets de tels secrets et non-dits:

 (à propos d'un personnage) était trop perméable aux choses qui l'entouraient. (...), elle était celle qui semblait devoir supporter tous les malheurs, comme si elle avait été désignée à la suite d'un improbable tirage au sort. Sa sensibilité, son acuité vis-à-vis du monde attirait à elle les épreuves et la violence.

C'est donc une très bonne lecture avec des sujets très intéressants. Je connaissais déjà l'existence des Lebensborn, pendant des camps d'extermination dans la politique d'eugénisme du régime nazi. Ces sujets me provoque toujours des frissons de répulsions...

Ce livre s'inscrit dans le cadre du Challenge Thrillers et Polars de Liliba






mercredi 16 octobre 2013

Chez les heureux du monde

Toujours à l'occasion du challenge américain, j'ai sauté sur l'occasion de ressortir un livre chiné chez un bouquiniste il y a quelques mois, Chez les heureux du monde d'Edith Wharton.
                                                                Ce n'est pas la couverture de mon livre, mais je la trouve plus belle celle-là
L'histoire:
Miss Lily Bart, jeune célibataire, vit chez sa tante qui a accepté de la recueillir à la suite de la mort de ses parents. Lily Bart est très belle, elle virevolte parmi la haute société new-yorkaise. Lily sait deux choses : qu'elle a le goût du luxe et d'un train de vie important et qu'elle doit songer fortement à se marier, et faire un mariage le plus riche possible. Lily repousse ainsi celui pour qui elle développe certains sentiments car ce dernier est trop pauvre et part donc à la recherche d'un homme qui sera capable de lui fournir la vie dont elle a besoin. Néanmoins, Lily se rend vite compte qu'elle n'arrive pas à faire un tel mariage sans se vendre, sans estimer le futur époux. Lily continue donc à papilloner de soirées en soirées, de séjours chez un tel ou un autre, à se vêtir à grand frais, à jouer pour accompagner ses hôtes, à mener grand train, beaucoup trop important par rapport aux revenus dont elle dispose. Et ce sera le début de sa déchéance....
  
Mon avis:
Quel beau livre! Quelle écriture! Je suis vraiment conquise par cette première lecture d'Edith Wharton. C'est ciselé, acéré, sans concessions mais avec une élégance rare.
A travers l'histoire de Lily, Edith Wharton détaille et décrit les mœurs de cette société fortunée, qui méprise ceux qui doivent travailler, qui n'hésite pas à assassiner socialement un congénère pour conserver un aura, où le faste et la popularité est le plus important... Et la pauvre Lily se fait broyer par ce monde. Lily croit détenir les clés du fonctionnement de cette société et pouvoir la manipuler à souhait grâce à sa beauté. Mais personne n'a fait son éducation, et Lily a ainsi toujours un train de retard par rapport aux événements qui s'enchaînent et la mèneront à sa perte.

Edith Wharton insiste bien (ironiquement) sur l'unique fonction d'une jeune femme: se marier et porter de belles toilettes, sinon elle ne sert à rien d'autre :

Lily: "Elle avait conscience d'avoir été oublieuse, gauche et lente à apprendre. Il était dur de confesser son infériorité, même en son for intérieur [...] Puisqu'elle avait été élevée pour être purement décorative elle pouvait à peine se blâmer de n'avoir pu servir à aucune fin pratique"


A propos de la nécessité de se marier "Une jeune fille y est forcée, un homme peut, si cela lui convient. (Elle l'examinait d'un oeil critique.) Votre jaquette est un peu râpée... mais qui donc y prend garde? Cela n'empêche pas les gens de vous inviter à dîner. Si, moi, j'avais une robe fanée, personne ne me voudrait : une femme est invitée autant pour sa toilette que pour elle-même. La toilette est le fond du tableau, le cadre, si vous voulez [...]"

Je dois dire que j'ai été assez déçue par le personnage de Lawrence Selden, qui s'avère ne pas être très courageux. Il laisse quand même Lily tomber dans la déchéance. 
Ce roman est un vrai coup de coeur et je suis vraiment contente d'avoir découvert Edith Wharton qui n'est pas assez connue en France à mon (humble) avis.


Adaptation à voir prochainement je pense!